« Mets tes chaussures… Tes chaussures ! TES CHAUSSURES ! » Répéter dix fois la même consigne épuise tout le monde. Bonne nouvelle : la coopération s’apprend, et quelques changements dans notre façon de parler font souvent des merveilles. Voici 7 pistes concrètes, inspirées de la communication bienveillante.
Pourquoi les consignes passent-elles mal ?
Un enfant absorbé par son jeu entend rarement une consigne lancée depuis la cuisine. Son cerveau, encore en construction, a du mal à passer d’une activité à l’autre et à retenir plusieurs demandes à la fois. Le plus souvent, il s’agit donc moins de mauvaise volonté que d’attention et de transition.
7 pistes pour être entendu
1. Se rapprocher et capter le regard
Avant de parler, approchez-vous, mettez-vous à sa hauteur, posez une main sur son épaule. Un contact d’abord, une consigne ensuite : elle a alors toutes les chances d’arriver à destination.
2. Une consigne courte, une à la fois
« Chaussures. » Un seul mot suffit souvent. Pour les plus jeunes, une demande à la fois est plus facile à retenir qu’une liste de trois.
3. Dire ce que l’on attend
« Marche à côté de moi » est plus clair que l’interdit qu’on a envie de crier. Formuler positivement indique le chemin à suivre et donne une image précise de ce qu’on demande.
4. Offrir des choix
« Tu mets ton pyjama bleu ou ton pyjama rouge ? » « Tu ranges les voitures ou les livres en premier ? » Choisir donne un sentiment de pouvoir… et l’envie de coopérer.
5. Prévenir avant la transition
« Dans cinq minutes, on part au bain. » Annoncer le changement à l’avance laisse le temps de terminer et évite bien des protestations. Un minuteur ou une chanson peut servir de signal.
6. Transformer la consigne en jeu
« Je parie que tu ranges tes Lego avant que j’aie fini de compter jusqu’à vingt ! » Le jeu, la voix d’un personnage, une course contre la montre : l’humour désamorce la tension et rend la coopération joyeuse.
7. Remarquer quand ça marche
« Tu as mis ton manteau dès que je te l’ai demandé, ça nous a fait gagner du temps, merci ! » Valoriser la coopération donne envie de recommencer.
On se fait mieux écouter quand on commence par écouter.
Et quand votre enfant refuse ?
Accueillez d’abord l’émotion : « Tu aurais aimé continuer à jouer, je comprends. » Puis tenez la limite avec calme et fermeté : « Et maintenant, c’est l’heure du bain. » Restez bref, constant, et proposez votre aide si besoin : « Je t’accompagne. » Bienveillance et cadre vont de pair.
Ces outils se travaillent aussi en groupe dans le cycle « Communiquer pour coopérer ». Découvrir les ateliers →
À retenir
- Un contact avant la consigne : se rapprocher, capter le regard.
- Une consigne courte, une à la fois, formulée positivement.
- Des choix, des transitions annoncées, un peu de jeu.
- Remarquer et remercier la coopération.
- Accueillir l’émotion, puis tenir la limite avec calme.
Quand se faire accompagner ?
Si les conflits du quotidien s’enchaînent et que vous avez l’impression de crier toute la journée, quelques séances de coaching parental permettent de trouver des outils adaptés à votre enfant et à votre famille. Le coaching parental et familial →
Questions fréquentes
À partir de quel âge un enfant peut-il suivre une consigne ?
Dès 18 mois à 2 ans, un enfant comprend une consigne simple, surtout si elle est accompagnée d’un geste. Vers 3 à 4 ans, il peut en enchaîner deux. La capacité à se souvenir de plusieurs demandes s’affine tout au long de l’enfance.
Faut-il punir quand il refuse d’obéir ?
Les sanctions ont un effet de courte durée. Préférez des conséquences logiques et annoncées (« Les jouets qui restent par terre vont dans la boîte jusqu’à demain ») et la réparation : elles apprennent la responsabilité tout en préservant le lien.
Pourquoi mon enfant écoute-t-il mieux à l’école qu’à la maison ?
C’est très courant ! À l’école, il fournit beaucoup d’efforts pour s’adapter. À la maison, il se sent en sécurité et relâche la pression. C’est finalement un signe de confiance envers vous.





