Votre enfant hurle, se roule par terre ou claque les portes, et vous cherchez comment réagir ? Votre propre colère monte, la culpabilité aussi ? Rassurez-vous : de nombreux parents vivent la même chose. Les crises de colère font partie du développement de l’enfant. Bonne nouvelle : il existe des façons simples de les traverser, et de les rendre plus rares.
Pourquoi ces tempêtes ?
La colère est une émotion normale, et même utile : elle signale un besoin en attente ou une limite franchie. Chez l’enfant, la différence, c’est que les « freins » qui permettent de se calmer sont encore en construction. Ils se développent lentement, tout au long de l’enfance.
Résultat : face à une frustration, à la fatigue, à la faim, à trop de bruit ou à une transition délicate (quitter le parc, éteindre un écran, aller au bain), l’émotion déborde. Une crise est le plus souvent un débordement, bien plus qu’un « caprice » : une vague d’émotion que l’enfant apprend encore à gérer seul.
Pendant la crise : 5 réflexes
- Mettre en sécurité. Votre enfant, les autres, les objets. Le reste peut attendre.
- Rester calme (ou faire semblant). Respirez, baissez la voix, mettez-vous à sa hauteur. Votre calme est contagieux, votre agacement aussi.
- Peu de mots. Au plus fort de la crise, gardez les explications pour plus tard. Nommez simplement l’émotion : « Tu es très en colère, parce que tu voulais rester au parc. »
- Tenir la limite, avec douceur. « Je te protège, et je protège les autres. Tu peux taper dans ce coussin. » On accueille l’émotion et on guide le comportement.
- Proposer votre présence. Certains enfants ont besoin d’un câlin, d’autres d’un peu de distance. Restez disponible : « Je suis là quand tu veux. »
On accueille toutes les émotions. On guide les comportements.
Que faire selon l’âge de votre enfant
Entre 2 et 3 ans : la frustration avant les mots
Votre enfant veut tout faire seul, et il apprend encore les mots et la patience face à l’échec. Anticipez (« Encore deux toboggans et on rentre »), proposez des choix simples (« Le pyjama bleu ou le rouge ? »), et pensez à détourner son attention. Le contact physique rassure beaucoup à cet âge.
Entre 4 et 6 ans : l’âge des grandes négociations
Il teste les limites, compare, s’indigne. Son vocabulaire des émotions s’enrichit : profitez-en. Construisez ensemble un « coin calme » (coussins, livres, doudou), associez chaque émotion à une couleur pour l’aider à dire ce qu’il ressent, et parlez de la colère à froid, en dehors des crises.
Entre 7 et 10 ans : fatigue, copains et sentiment d’injustice
Les colères sont souvent liées à la fatigue de l’école, à la vie entre copains ou à un sentiment d’injustice. Une fois le calme revenu, cherchez des solutions ensemble : « Qu’est-ce qui pourrait t’aider la prochaine fois ? » Bouger, respirer, dessiner, écrire : aidez-le à trouver ses propres outils.
Après la tempête
Quand votre enfant est apaisé, reconnectez-vous : un câlin, un moment ensemble. Puis, quelques mots simples sur ce qui s’est passé. Si quelque chose a été cassé ou si quelqu’un a été blessé, invitez-le à réparer (ranger avec vous, faire un dessin pour sa sœur…) : une réparation apprend bien plus qu’une punition.
Prévenir les colères au quotidien
- Des routines claires pour les moments sensibles : matin, retour d’école, coucher.
- Anticiper les transitions : prévenir cinq minutes avant de partir ou d’éteindre un écran.
- Veiller au sommeil et à la faim, deux grands déclencheurs.
- Dix minutes de temps privilégié par jour, juste à deux, choisies par l’enfant : un enfant « rempli » de lien s’apaise plus facilement.
- Remarquer les efforts : « Tu étais déçu et tu as respiré, bravo. »
Et vous, parent ?
Il arrive à tous les parents de crier. L’important, c’est de réparer à son tour : « J’ai crié, pardon. J’étais à bout, c’était mon souci à moi. » C’est aussi comme ça que votre enfant apprend à gérer sa colère : en vous regardant faire.
Quand demander de l’aide ?
Parlez-en à votre médecin ou à votre pédiatre si les colères sont très fréquentes ou très intenses, si elles mettent votre enfant ou d’autres en danger, si elles s’accompagnent d’autres difficultés (sommeil, appétit, école, relations), ou si elles durent malgré vos efforts. Il pourra vous orienter si nécessaire.
Et si vous vous sentez à bout, un accompagnement parental peut vous aider à retrouver des repères et un peu de sérénité. Réserver un appel découverte offert →
À retenir
- Une crise de colère est un débordement : votre enfant a besoin de vous.
- Pendant la crise : sécurité, calme, peu de mots, limite tenue avec douceur.
- Après : reconnecter, mettre des mots, réparer.
- Au quotidien : routines, anticipation, sommeil, temps privilégié.
Questions fréquentes
À quel âge les crises de colère diminuent-elles ?
Elles sont fréquentes entre 2 et 4 ans, puis diminuent généralement à mesure que l’enfant apprend à parler de ce qu’il ressent et à se calmer. Des colères restent possibles plus tard, surtout en cas de fatigue ou de grande frustration : leur fréquence et leur intensité sont les signaux à observer.
Faut-il ignorer une crise de colère ?
Restez présent auprès de l’enfant et gardez la discussion pour plus tard : au plus fort de la crise, restez calme, avec peu de mots, puis reparlez-en quand il est apaisé.





